Jean-Jacques Rousseau & le CELSA

Nietzsche, Platon, Rousseau, concepts de liberté et de vérité... Philosophes et concepts philosophiques

Je viens de relire quelques lignes de Jean-Jacques Rousseau. Je pense que cela peut intéresser les prépas Celsa.

Voici la citation, puis ce à quoi elle me fait penser en rapport avec votre préparation au concours du Celsa.

La seule force le maintenait, la seule force le renverse.
Jean-Jacques Rousseau, De l’inégalité parmi les hommes, Discours, deuxième partie

=> Marque hégémonique.

Le sauvage vit en lui-même ; l’homme sociable toujours hors de lui ne fait vivre que dans l’opinion des autres, et c’est, pour ainsi dire, de leur seul jugement qu’il tire le sentiment de sa propre existence.
Jean-Jacques Rousseau, De l’inégalité parmi les hommes, Discours, deuxième partie

=> Homme animal social ? Auto expression, échange, mais aussi sagesse des foules, conformisme (et maoïsme digital).

Quoi qu’en disent les moralistes, l’entendement humain doit beaucoup aux passions, qui, d’un commun aveu, lui doivent beaucoup aussi : c’est par leur activité que notre raison se perfectionne ; nous ne cherchons à connaître que parce que nous désirons de jouir, et il n’est pas possible de concevoir pourquoi celui qui n’aurait ni désirs ni craintes se donnerait la peine de raisonner. Les passions, à leur tour, tirent leur origine de nos besoins, et leur progrès de nos connaissances ; car on ne peut désirer ou craindre les choses que sur les idées qu’on peut en avoir, ou par la simple impulsion de la nature ; et l’homme sauvage, privé de toute sorte de lumières, n’éprouve que les passions de cette dernière espèce ; ses désirs ne passent pas ses besoins physiques ; les seuls biens qu’il connaisse dans l’univers sont la nourriture, une femelle et le repos ; les seuls maux qu’il craigne sont la douleur et la faim (…)
Jean-Jacques Rousseau, De l’inégalité parmi les hommes, Discours, première partie

=> Maslow a du lire Rousseau ;) Citation à rapprocher de Lipovetsky (mythe de Pena, société de jouissance). Les besoins progresserait-ils au gré de la connaissance que les consommateurs pourraient avoir des produits ? « la nourriture, une femelle et le repos », tiens, cela me fait penser à la saucisse de Morteau… « Homme sauvage », dit Rousseau…

(…) S’il est bon que de grands génies instruisent les hommes, il faut que le vulgaire reçoive leurs instructions : si chacun se mêle d’en donner, qui les voudra recevoir ? Les boiteux, dit Montaigne, sont mal propres aux exercices du corps, et aux exercices de l’esprit les âmes boiteuses.
Mais en ce siècle savant, on ne voit que des boiteux vouloir apprendre à marcher aux autres.
Jean-Jacques Rousseau, Réponse à Voltaire, 10 septembre 1755

=> Et pan sur le consom’expert à deux balles ! Au XVIIIe déjà, certains parlaient à tort et à travers. A notre époque, Rousseau serait devenu fou.

[Les philosophes] parlant sans cesse de besoin, d’avidité, d’oppression, de désirs, et d’orgueil, ont transporté à l’état de nature des idées qu’ils avaient prises dans la société. Ils parlaient de l’homme sauvage, et ils peignaient l’homme civil.
Jean-Jacques Rousseau, De l’inégalité parmi les hommes, Discours

=> Uniquement intéressant pour les futurs planneurs stratégiques : à rapprocher de Nathalie Heinich, Le bêtisier du sociologue : le planneur stratégique doit se garder d’imaginer la cible en fonction de lui-même (projection).

Clara
Clara, SOS CELSA

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