Le rapprochement des Français à la politique

Le possible rapprochement des Français à la politique au travers du changement des règles de l'élection présidentielle ou par de nouveaux profils parmi les responsables politiques

Dans la dernière vague d’enquête du Baromètre de confiance dans l’exécutif, réalisée par Harris Interactive pour Délits d’Opinion (voir le baromètre de mars 2016), aucune des personnalités testées ne bénéficiait de la confiance de plus d’un Français sur deux, à l’exception des ministres régaliens Bernard Cazeneuve (53%) et Jean-Yves Le Drian (51%). De plus, une autre étude récente menée par Harris Interactive pour la Fondation Auchan montrait que moins d’1 Français sur 10 affirmait faire confiance dans les responsables politiques dans leur ensemble (9%).

Dans ce contexte, le mouvement politique « Nous Citoyens » a sollicité Harris Interactive pour étudier le possible rapprochement des Français à la politique, que ce soit au travers du changement des règles de l’élection présidentielle ou par l’émergence de nouveaux profils parmi les responsables politiques.

Questions pour les prépa du concours CELSA parcours Magistère :

  • Les sondages font-ils l’opinion ? …Ou la suivent-ils ?
  • Se substituent-ils à la décision politique ?

Que retenir de cette enquête ?

2/3 des Français se montrent favorable à la publication de tous les noms des « parrains » et « en direct », mais leurs avis sont davantage partagés quant à la substitution du principe d’égalité de temps de parole par un principe d’équité. Les Français attendent majoritairement un renouvellement à tous les niveaux de pouvoir, en priorité par l’intégration de davantage de personnes ayant déjà travaillé en entreprise.

Le 5 avril 2016, l’Assemblée Nationale a adopté la proposition de loi organique modifiant les « règles applicables à l’élection présidentielle ». L’institut a interrogé les Français afin de connaître leur opinion en faveur ou en opposition à certaines évolutions issues de ce texte. Si la maîtrise des conséquences réelles de cette réforme pourrait peut-être paraître quelque peu abstraite pour une partie de la population, 2 Français sur 3 affirment néanmoins être en accord avec la publication « en direct » (66%) de tous les parrainages (68%) des candidats à l’élection suprême, contre plus d’un quart affirmant leur opposition à ces évolutions. Néanmoins, les Français se montrent davantage critiques quant au remplacement du « principe d’égalité de temps de parole » pendant la pré-campagne officielle par un « principe d’équité » (50% contre, dont 30% « tout à fait opposés », et 45% pour). Notons que si plus d’1/3 des Français se dit favorable à ces 3 évolutions à la fois, ils sont 15% à les critiquer toutes, une opinion particulièrement répandue parmi les catégories populaires (22%) et moins diplômées (23%).

Interrogés ensuite sur la nécessité d’un renouvellement de la vie politique, les Français affirment majoritairement que ce dernier est nécessaire dans toutes les institutions, mais davantage encore dans celles éloignées d’eux (l’Union européenne 87%, l’exécutif 90%, le Parlement 89%), que dans les régions (72%) ou les communes (60%). Au final, ce sont 54% des Français qui indiquent souhaiter un renouvellement dans chacun de ces niveaux à la fois, une opinion qui s’avère partagée de manière assez homogène au sein des différentes catégories de la population française.

Pour incarner ce renouvellement de la vie politique, les Français plébiscitent la participation de davantage de personnes ayant travaillé en entreprise (90%, et même 96% des Français les plus aisés). Par ailleurs, plus de 4 Français sur 5 affichent leur souhait de voir participer à la vie politique davantage de personnes d’origines modestes (83%), de femmes (82%) et de jeunes (81%). Notons ici que ce souhait est largement partagé au sein de la société, et non particulièrement porté par les catégories spécifiques que peuvent être les personnes modestes, les femmes ou les plus jeunes. Enfin, au-delà des caractéristiques personnelles, une large majorité de Français souhaite que le renouvellement touche également le cursus politique, 80% d’entre eux indiquant qu’il faudrait davantage de personnes n’ayant jamais été membres de partis politiques et 79% de personnes n’ayant jamais exercé de mandats électifs. Un peu en retrait, bien que concernant également une majorité, 66% des Français affirment qu’il faudrait davantage de personnes issues de la diversité. Au final, près d’1 Français sur 2 (46%) indiquent qu’il faudrait davantage de personnes ayant tous ces différents profils pour renouveler la vie politique française.

Lire le rapport complet.

Méthodologie

Enquête Harris Interactive réalisée en ligne les 7 et 8 avril 2016. Échantillon de 1 060 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

Antoine
Antoine, SOS CELSA

Commentez !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *